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Dimanche
28 juin / Flotte Anglaise (page 1012)
Message par LASEROLOGUE Dim 28 Juin :)
(copié du forum
"https://voiliercanotancien.forumactif.org/t2762-navigations-au-luco-flotte-anglaise#30852")
En carafe à paris (j'attends d'être
opéré...et c'est pas drôle) j'ai emmené au Luco deux bons marcheurs de petit
temps (le duo Petit Lord et Gaby Grenier).
C'est qu'un décryptage Enigma-Colossus
m'avait averti de l'arrivée d'une flotte anglaise, trois ou quatre membres
éminents du VMYG (Vintage Model
Yacht Group), eux mêmes vintage... mais s'amusant comme des fous malgré le
cagnard.
Ils avaient amené des engins intéressants:
Un Winford des années 20, il y en a un
plus ou moins incomplet en France...si
son propriétaire veut le vendre j'étudierai la proposition en MP) :
Un concept assez extraordinaire...qui
marchait très fort sur l'eau malgré la brise ultra légère: Ultra étudié, très
ouvrageux , loin d'avoir connu le succès du Ailsa mais néanmoins ultra optimisé
et efficace, un peu comme les voitures d'ingénieur que furent la CEMSA
Caproni ou la Hotchkiss Grégoire
superbes délires d'ingénieurs (aéronautique pour la Caproni) impossibles à
industrialiser à un prix raisonnable.
La coque est en tôle mince emboutie (il y
a quelques plis , normal avec ce matériau et le genre de presse et d'outils
d'estampage qu'un fabricant de jouets peut se payer), surtout que d'après le
commodore - Président du VYMG , Martin Brandey ces coques embouties ont existé
en 6 tailles entre 12 et 36 pouces soit 30 et 90 Cm (de mémoire...) , celui ci
est un Winford 20 donc 51 Cm de coque mais il a un sacré bout dehors et une
voilure digne d'un 70 Cm
L'aileron de quille et le lest sont
démontables via deux longues tiges filetées qui traversent la coque à travers
des tubes et se vissent sur le pont en bois avec des écrous molletés en laiton
comme on en trouvait sur les appareils électriques vers 1900...
Du coup il est possible de monter un
aileron plus ou moins profond, un lest plus ou moins lourd .
Emboutissage oblige la coque a des formes
molles et rondouillardes (pas d'étrave pointue et verticale style plumb stem
comme sur mon Petit Lord) mais avec l'aileron en bois remarquablement profilé,
le gréement marconi très élancé et le lest conséquent ...ben çà avance.
Celui là n'avait pas son gouvernail
automatique de braine simplifié optionnel (le propriétaire l'a mais il est
incomplet ) il y a une superbe plaque de constructeur avec une queue de poisson
et une bizarre mollette prévues pour l'accueillir.
La bôme dépasse largement le couronnement
arrière et le tout à un je ne sais quoi des bug balmain australiens.
En navigation c'est bluffant, çà marche
vite et bien , çà enrhume les bateaux de location et même mes deux bons
marcheurs, il est vrai un peu plus petit et surtout moins toilés, le mât
marconi élancé attrape le vent au dessus de la margelle...et çà glisse sans
effort, une coque en tôle de moins d1mm estampée c'est bien plus léger qu'une
coque en bois même merveilleusement gougée.
Plus d'infos ici https://vmyg.org.uk/pages/resources/small_boat/winford.htm
D'après l'étude du VYMG le prix était trop
élevé pour récupérer l'investissement en estampage et seulement quelques centaines
de bateaux se sont vendus là où,il en aurait fallu des milliers pour récupérer
les coûts de l'outillage, heureusement pour elle la société Winford fabriquait
d'autres objets en tôle estampée...mais la production n'a duré que quelques
années à partir de 1920.
Le plus petit Winford valait 10 Shillings
et le plus grand 6 livres...ne vous y trompez pas c'était cher à l'époque :
Jusqu'en 1940 aucun article du grand magasin Woolworth de Londres ne dépassait
6 pence (pour mémoire 12 Pence dans un Shilling et 20 shillings ou 240 pence
dans une livre)....autrement dit ce joli bateau devait s'échanger contre un
petit millier de ces gros sous en bronze que nos amis british fourraient dans
leur chauffe - eau domestique quand ils voulaient prendre une douche chaude.



Autre merveille so british : Un petit
sloop à quille longue style bateau de travail (les Colchester Smacks, qui sont
avec les côtres pilotes les ancêtres directs des yachts de régate, en passant
par les bateaux de contrebande plus véloces que ceux des gabelous.)
Celui là était superbe, dans son jus, avec
un rouf quadrillé entre les clous de fixation (le même gimmick que les roufs
des LM français) .Voiles rayées d'origine et parvenu quasi intact des années 20
Grée en sloop aurique, il était un peu à
la peine au Luco , c'est plutôt un bateau de mer et de vent soutenu, nettement
sous toilé dans le contexte luconautique, après quelques réglages il a quand
même daigné avancer et faire quelques traversées complètes...Cerise sur le
gâteau (ou Icing on the cake) il avait la plaque du très haut de gamme magasin
de jouets londonien Gamages (l'équivalent du très huppé Nain Bleu à Paris)
D'origine il a un gouvernail automatique
plombé (utile dans la brise, mais ici démonté pour la pétole du Luco)


Et comme le dimanche 28 juin est la
Journée nationale des yachts Star en Angleterre, Andy a apporté aussi un yacht
Star.
Un petit star yacht (çà marche à peine
mieux que les Tirot ....qui font comme toujours des gamins déçus , il y avait
au moins trois Tiroplantésbordéplat sur le luco ce dimanche).

Il y avait aussi un bateau très
patriotique mais un peu ""grunge" (un sloop à quille longue avec
une bizarre GV aurique...encore en essais il faisait un peu penser aux
bizarroïdes house boats psychédéliques qui sont l'ornement de la lagune de
Shoreham (pour ceux qui connaissent) comme on dit outre manche il y a de la
learning curve en perspective...et la base était probablement un excellent
petit sloop aurique style Sugg


Un joli sloop marconi style 6 M JI qu'un
des vénérables visiteurs britanniques avait fort bien réalisé (à partir d'un
kit ) au début des années 50 .....bien entendu équipé de l'inévitable Braine
simplifié (son gréement courant était très fatigué et fragile, il a perdu son
amure de foc , puis en essayant de remettre la boucle des écoutes sur la barre,
l'écoute a cassé net...une fois réparé il naviguait fort correctement.

Un autre bateau amené par nos amis anglais
était une bête de vitesse , grée en cotre à 5 voiles comme les grands NOVA qui
déboulait fort bien avec ou sans son flèche amovible...il démarrait au moindre
souffle et traçait bien droit.
Coque en pin verni de 60 Centimètres
cadènes sur les pavois , pied de mât bricolé avec des charnières de coffret à
cigares discrètement volées à Winston
Churchill pendant qu'il infusait son cognac XO en, méditant un débarquement inutile
à Sumatra ou Gallipoli (ou un massacre de mineurs gallois en grève à Tonypandy)
, cadènes faites avec des pitons vissés dans le pavois, pont rainuré, liston en
demi - rond de laiton et beaupré maintenu en place par une sorte de pince en
dent de crocodile....quille élégante mais pas d'origine...qu'en pensez vous mon
cher Watson.???..By Jove ! Holmes ! mais c'est élémentaire! C'est un bateau
venu de chez les Froggies , un Deffain série luxe lourdement modifié ensuite
chez Clare Lallows ou Camper & Nicholson.
(quille profilée en plomb avec gouvernail
en lieu et place du trapèze et du lest en
tête de marteau) ....
Prudemment son propriétaire a jugé bon de
dégréer le Topsail (le flèche triangulaire, moins exubérant que le quadrangulaire
Deffain d'origine ce qui fait que sur la photo il n'a pas la prestance d'un
portrait de yacht minutieusement cadré (et parfois perfidement commenté) par
Keith Beken, le pape des photographes de yachts britanniques ,mais je peux vous
assurer qu'il déboule vite et bien ....et que çà confirme ce que j'ai toujours
pensé:
Les Deffain sont des cathédrales de toile,
magnifiques et efficaces par force 12 Beau...faible mais dès que çà souffle un
peu, mieux vaut affaler le clinfoc et le flèche

Mes deux bateaux n'ont pas démérité
(surtout l'inimitable Gaby Grenier, optimisée pour le petit temps) mais ils
étaient un cran en dessous du Winford beaucoup plus voilé (il a un mât en 2 parties
, comme un Laser pour tenir dans sa superbe valise de rangement d'origine , qui
comprenait deux hauts de mât possibles et des gréements de petit et gros
temps...du jouet plus que sérieux, nettement over-engineered)
L'honneur est sauf on peut cocoricoter et
se consoler de Mers El Kebir...la bête de régate du jour était une création
bien de chez nous!...et ce ne serait pas une nouveauté.
Chaque fois qu'ils mettaient la main sur
une frégate française, nos meilleurs ennemis héréditaires s'empressaient de la
copier!


