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Dimanche
21 décembre 2025 (page 982)
Nous étions seulement
une demi-douzaine à venir naviguer en mer du luco
sous un ciel menaçant puis pluvieux. ![]()
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Je suis venu avec un
JAPPAS que m’a donné Pierre.
J’ai profité de la
présence de Laserologue pour avoir quelques conseils afin
d’améliorer le passage des écoutes de voiles qui ont tendance à ne pas passer
facilement d’un bord à l’autre.
Ce voilier a un très
bon potentiel en vitesse et cap.
Voilà le nouveau
reportage réalisé par Laserologue auquel j'ai ajouté quelques photos et commentaires
:
Avant
que le bassin ne gèle (prévu à partir de mercredi) ,
petite consultation de Windguru la veille au soir (Le
Luco n'est pas répertorié comme spot
, mais il pourrait l'être si quelqu'un s'en donnait le mal , c'est gratuit) .
Je
consulte le préviso. pour
Créteil Beach (qui à une époque était couvert de planches à voile grâce à un
tout petit coin en accès gratuit) ...Windguru propose
7ou 8 modèles météo informatisés , en général pas tous
d'accord ...comme çà il y en a au moins un qui tombe juste...en général c'est
AROME 1,3 Km qui marche le mieux (c'est français et c'est le service public , cocorico !).
3
ou 4 nœuds de SE ....donc je vais éviter d'emmener mes
bateaux de grosse brise. J'ai un NOVA 9 qui serait un choix évident (mais il a
quelques soucis techniques) un grand et superbe Deffain
acajou (mais je viens à peine de réussir à refixer la fargue en acajou sombre,
je n'ai ni mât ni voiles ...dommage pour un bateau à voile pourvu d'une
débauche de corsages , jupes, falbalas et cotillons
divers).
Du
coup ce sera ...la Gaby Grenier (une authentique merveille du début des années 30 , tout acajou avec ses généreuses voiles d'époque un peu
rapiécées (mais un gréement dormant en câble inox ),
une coque (acajou) , creusée avec un soin maniaque , peaufinée et stabilisée à l'Epoxy



Il reste de la place
dans le sac pour un 2° bateau : L'oléronnais de
Vannes , un joujou bien pensé et bien réalisé (il y a une quille étroite et
profonde + un skeg) par un papi pour son gamin, sans
doute dans les années 60 ...je lui ai refait un gréément
inox et un jeu de voiles tricolore tout pimpant (on le dirait sorti d'un album
pour enfants sages de 1963 genre Martine à la plage ou Martine au Parc.
Il a un pied de mât qui pourrait passer pour basculant , sauf qu'il ne bascule
pas et que j'ai conservé par fidélité à l'origine ...
Du coup c'est une croix à gréer , mais une fois l'opération terminée et les
voiles réglées , il se déhale gentiment , dans la pétole , dans le médium et
même dans la brise, à condition de le faire sortir des zônes
mal ventées auprès de la margelle du bassin, pas besoin de perche , une bonne
pichenette...et c'est bon


Troisième larron , lui
aussi bon dans une vaste gamme de vents, le Pen Duick
VI...lui il a un gréement non basculable, donc il voyagera en haut du sac à dos
, simplement sanglé pat le rabat de fermeture
Jouet médiocre à l'origine, il a été grandement amélioré par quelques manips
pas très simples, pas visibles au premier ras-bord, mais efficaces :
Un lest en plomb 1/3 plus lourd (pas trouvé d'uranium appauvri , comme le vrai)
, des barres de flèches en laiton (celles d'origine sont en plastoc très toc) ,
une belle peinture noire (une référence moteurs HB Mercury), à la place du
chatterton d'électricien originel, un gréement dormant inox, des écoutes sur
coulisseaux et surtout un faux aileron de gouvernail à l'extrême arrière, qui
transfigure littéralement ses trajectoires, initialement zigzagodromiques
et maintenant aussi rectilignes que le fil à plomb du grand plombier-zingueur
crée par Prévert et chanté par les Frères Jacques

Patrick :
"Comme on peut le voir Laserologue (Et d'autres bassinistes) a ajouté un petit gouvernail pour obtenir un
navigation convenable
.
Pour ceux qui veulent restaurer leur Pen Duick VI ne
pas manquer de lire l'excellente discussion sur le forum :
https://voiliercanotancien.forumactif.org

Et il y avait aussi un
membre éminent , sympathique et récurrent, du Club nautique du Luco , portant rang et grade de Captain
Commodore (pour le moins) , qui étrennait un tout petit voilier JAPPAS ...on a
bavardé et l'ai pu examiner de près ces bateaux de bassin de l'an 2000.
L'engin est imité des bateaux du Vendée Globe , très large et très plat pour sa
longueur (le fond plat doit créer une certaine résistance de friction car avec
sa quille profonde et bien lestée il navigue droit et raide comme un grand
"I" vert) .
Il a de superbes voiles et un gréement "thonier" (comprendre que les
haubans sont repris sur deux tangons latéraux qui dépassent comme les cannes de
pêche au germon des anciens thoniers groisillons ou concarnois).
Dans la jauge des bateaux du Vendée globe , ces perches latérales sont
considérées comme des ...barres de flèche (!), ne comtent
pas dans la mesure de la largeur maximum (ben voyons!) et permettent d'étayer
correctement , avec une large base , des mâts d'une hauteur démesurée...mais
AMHA c'est un peu de la complication inutile sur un mini voilier où les efforts
sont proportionnellement bien plus réduits

Ce bateau avait quand
même quelques soucis :
D'abord une quille un rien branlante, qui apparemment tenait en place avec un
morceau de caoutchouc à sa jonction avec la coque. Mine de rien , la quille
branlante sur un 60 pieds océanique c'est ennuyeux...
Demandez donc à mon ami et collègue créteillois Paul Meilhat , qui avant de devenir un coureur au large
talentueux (et vainqueur de la Route du Rhum, pas moins ) était un écumeur des
mares à canards de l'Ile de France avec son Laser (nous nous sommes fichus des
peignées homériques à coups de refus de tribord , de bouées enroulées au
millimètre et de marquage à la culotte à Viry Châtillon, Créteil et autres
Saint Quentin en Yvelines qui sont le Solent ou le Kielerförde
des parigots)
Ce bon Paul Meillhat , qui avec son voilier sans
foils talonnait les deux premiers (qui , eux en avaient, des foils) aux
approches du Horn lors d'un Vendée Globe d'anthologie a vu sa quille devenir
branlante après que le gigantesque vérin hydraulique qui gère l'inclinaison de
la quille se soit fissuré du haut en bas, comme se fend une peau de banane trop
mure , en dégueulant dans les fonds plusieurs dizaines de litres d'huile
hydraulique rougeâtre ( dans le genre de la" Dextron
"qui en plus est puante) ...d'où un abandon plutôt amer et un demi - tour
obligé vers les eaux plus accueillantes de Tahiti....
En vérité, je vous le dis, mes bien chers frères , une quille branlante n'est
pas un péché véniel...Quille qui joue bientôt dans l'eau fait son trou...
Autre ennui idiot , le JAPPAS a, très classiquement deux barres d'écoute , en
forme de U majuscule renversé et très plat, avec des angles à 90°...celle de la
GV ne pose pas problème: l'écoute de GdV descend
verticalement de la bôme et passe dans un anneau coulissant sur la barre
d'écoute ...au virement de bord l'anneau coulisse sans souci...
Par contre à l'avant, le foc (sans balestron) a son point d'écoute bien en
avant de la barre d'écoute, et l'écoute de foc a un angle de tire idiot , très
aigu, qui fait que l'anneau reste coincé du mauvais côté au virement de bord
(ce qui équivaut à la classique "cape courante" où le foc brassé
"à contre" masque la GV et où le bateau reste immobilisé sur place,
dérivant tout doucement dans le lit du vent et incapable de repartir...)

Je n'avais pas regardé
la ligne du bas sur Windguru (celle qui indique la
nébulosité et les précipitations ).
J'aurais dû car ce dimanche matin il pleuvait en continu, pas fort mais très
obstinément, et j'ai pris mon temps pour arriver : Forcément pas grand monde :
une paire d'amis qui faisaient naviguer un fort joli sloup
(*) style 12 M JI , apparemment à coque en polystyrène marouflé et peint, avec
un pont en CP , qui filait fort bien.
(*) La navigatrice enlève son sloup pour mieux
dévoiler son trimaran (me souffle une mienne amie comtesse qui n'est pas folle
des messes)

Il y avait aussi un
hydroplane 3 points très différent du violoncelle de la semaine dernière , tout
en courbes, ou des maquettes des monstrueux "Thunder-boats"
américains genre Slo Mo Shun
, Hawaï Kaï, ou Oh Boy Oberto
, celui qui faisait la pub pour le roi américain de la saucisse et du beef jerky.
Celui-là, blanc et rouge, en forme de flèche pour indiquer les toilettes dans
une gare, était anguleux de chez anguleux , pas laid pour autant mais d'un
style brutaliste à la le Corbusier qui ferait passer
une Volvo 740 pour une merveille de profilage dessinée par Luigi Colani.
Précision de Mathieu
sur son hydroplane « Scorpion » qu’il a construit : « tiré d’un plan revue MRB (n°324 / nov. 1990). Balsa 3mm puis
époxy et trame fibre de verre 15g »
Le temps de gréer mes monstres et de sortir mon Leica du pauvre, les proprios
du sloup et de l'hydroplane étaient partis , sans doute en direction d'un débit de boissons
spécialisé dans le grog et le vin chaud...

On avait tenté une
manche de régate avec le Jappas (qui , quand il veut , déboule très bien) et mes trois bateaux...qui sont
arrivés de l'autre côté du bassin (curieusement Pen Duick
VI a fini devant Gaby d'assez peu) alors que le Jappas restait bêtement planté
pas loin de la zône de départ.
(Remarque de Patrick : "Ce Jappas a montré un beau potentiel. Après
quelques ajustements des circuits d'écoute il va pouvoir revenir se mesurer à
la flotte de Laserologue
")
Le diable est dans les détails et j'ai comme idée que le créateur de la Gaby
Grenier avait une vraie et longue expérience des modèles de bassin et de leur
déverminage.
Une occasion d'admirer le savoir et les compétences de celui qui fabriqua et
mit au point dame Gaby Grenier il y a quasiment un siècle:
Il y a aussi un foc auto - vireur avec barre d'écoute pour le foc (à balestron)
à bord de cette vénérable dame, mais la barre d'écoute est en arc de cercle,
pas en U rectangulaire et il y a deux adorables anneaux de butée en fil de
cuivre qui évitent à l'anneau d'écoute de se bloquer en fausse position...
Je n'en ai que plus d'admiration pour le modéliste inconnu qui, il y a presque
un siècle , a construit ma Gaby.
A part ça , la pluie avait découragé bien des promeneurs mais il y avait quand
même des admirateurs de la gracieuse navigation de tous ces petits bijoux de
voiliers chargés à couler bas de poésie un brin infantile.

Marc et son sous-marin
russe.
Retour à la maison.
